La Tour Firestone va bientôt faire peau neuve

Après de longues années de solitude, l'édifice emblématique de la ville a repris vie grâce à des évènements qui ont rythmé les derniers mois avant sa rénovation.

Construite en 1930, elle est un symbole de la ville de Neuchâtel. Il s’agit de la tour Saint-jacques, plus connue sous le nom «Tour Firestone», sobriquet qu’elle doit à la pose, en 1955, de la fameuse enseigne lumineuse d’une marque de pneus. Les attaches étant devenues dangereuses, cette enseigne avait été décrochée l’an
dernier.


Depuis, le bâtiment Pierre-à-Mazel et la tour ont vu défiler du monde dans leurs locaux. Ayant repris la gestion de la réaffecta- tion des lieux, vides depuis plusieurs années, après l’échec du dernier projet (en 2011, des appartements protégés, une banque Raiffeisen et un Aldi étaient prévus), Xavier Ducros et son agence immobilière Transac, basée à Neuchâtel, se sont approchés des habitants de la ville pour leur proposer une démarche participative qui s’est déroulée sur plusieurs ateliers. Le but? Que chacun puisse dessi- ner l’appartement de ses rêves.

Evénements décalés

Mais ce n’est pas la seule activité qui s’est déroulée dans les locaux de la tour de 28 mètres depuis l’année passée. Les lieux ont été fréquemment envahis par des centaines, voire des milliers de Neuchâtelois, pour des after- works, expositions, ou autres dégustations. Yves Oppliger est le patron de Greasemonkees, qui jongle entre ses casquettes de boutique de fringues vintage et d’organisation d’événements dans des lieux aussi atypiques que la Tour Firestone: «Je connaissais les propriétaires, et c’est en visitant l’endroit que l’idée d’y organiser des événements s’est concrétisée. Ils m’ont donné carte blanche, grâce à notre relation de confiance.» Selon Sévana Arat, responsable stratégique de Transac, «il y a eu une affinité. Yves Oppliger nous a fait profiter de ses idées, et a contribué à cette expérience innovante dans le domaine de l’immobilier».


Des motos, des artistes, des danseuses de pole dance, ou encore un marché design se sont ainsi succédés dans cette structure aussi insolite qu’idéale. Mais toutes les bonnes choses doivent un jour se terminer, puisque les travaux de rénovation devraient débuter d’ici la fin de l’année: «Je savais que ça pouvait s’arrêter du jour au lendemain. Je suis redevable à l’agence, qui m’a permis d’utiliser ces lieux pendant une année! Ainsi, près de 40’000 personnes ont pu profiter une dernière fois de ce lieu emblématique», s’émeut Yves Oppliger.

Surfaces commerciales, appartements et studios

Théoriquement, après 18 à 24 mois de travaux, la tour et le bâtiment Pierre-à-Mazel seront entièrement rénovés, mais les façades garderont leur caractère d’origine. Quatre surfaces commerciales et des appartements de 2,5 à 3,5 pièces seront vendus en PPE, pour un prix variant de 450’000 à 1 million de francs. Quant à l’actuel garage, où a eu lieu la majorité des événements de Greasemonkees, il sera entiè- rement détruit pour être rempla- cé par un immeuble neuf com- prenant 68 studios destinés aux étudiants et une surface com- merciale.

Les appartements sont déjà en vente. Pour le moment, Transac n’a pas souhaité s’exprimer sur un possible retour de l’enseigne «Firestone». Quant à Yves Oppliger, il espère «retrouver un propriétaire d’accord de jouer ce jeu-là. J’ai envie de continuer dans l’événementiel décalé à Neuchâtel, et d’organiser plus grand. Rendez-vous le 16 octobre pour la dernière soirée avant les travaux... /VKU






Auteur:

Courrier neuchâtelois

Date de création:

14/10/2015